vendredi 4 avril 2014

Etre combonien

Introduction
Dans l’introduction de notre cours de la théologie de la spiritualité missionnaire, nous lisons que « chaque œuvre d’évangélisation naît comme une réponse à un besoin de l’évangile, besoin d’un groupe humain ressent, expérimente et exprime », c’est dans cette optique que je peux dire en quelques mots le type de missionnaire que je rêve. Il est à noter que ce n’est pas une entreprise aisée, mais par la grâce de Dieu, le chemin avec nos frères et sœurs, et avec ma propre formation missionnaire, je peux y arriver.

Depuis mon contact avec les missionnaires comboniens du cœur de Jésus, j’ai toujours rêvé de réaliser le plan de Comboni, « sauver l’Afrique par l’Afrique » à travers ma manière de vivre et ma spiritualité propre. Mais permettez-moi de relater que déjà dans l’expression « Missionnaires comboniens du cœur de Jésus », il y a des éléments constitutifs qui m’aident à vivre mon identité spirituelle :
Ø La mission ;
Ø Comboni ;
Ø Cœur de Jésus.
Ces trois éléments, je partage deux avec l’Eglise et avec mes confrères ou consœurs, ce sont la mission et le cœur de Jésus. Ce qui me spécifie c’est le rôle  de Comboni dans mon expérience personnelle, c'est-à-dire comment je peux à la manière de Comboni marier dans ma spiritualité personnelle et unique, la mission et le cœur de Jésus. C’est ce qui est spécifique à moi.
Ainsi l’expérience de Saint Daniel Comboni est pour moi, le critère d’interprétation de la mission que je suis appelé à réaliser dans l’Eglise en général, et dans l’institut Combonien en particulier.
J’aime beaucoup lire le chapitre général de 2009 des Missionnaires Comboniens du Cœur de Jésus (MCCJ) des numéros 19 à 21 qui présentent de manière excellente les éléments inspirateurs de notre spiritualité en définissant le rôle de Saint Daniel Comboni en ce terme : « L’Esprit qui a allumé en Comboni, l’amour pour les africains continue de nous guider vers les pauvres et les ultimes … ». Je comprends que l’amour de Comboni pour les africains ne fut pas un amour sentimental, mais un amour agape provenant de l’Esprit Saint, du plus profond du cœur de Jésus. C’est aussi qu’en tant que fondateur, Saint Daniel Comboni est pour moi, non seulement le dépositaire du noyau original du charisme, mais c’est par lui que l’Esprit- Saint se rend présent et qu’il me révèle ce style particulier de vie et de mission qui caractérise notre Institut dans l’Eglise et dans le monde.
En cherchant d’explorer le rôle de Saint Daniel Comboni dans ma spiritualité, je découvre deux éléments qui ont caractérisé Comboni comme missionnaire et qui devraient être constitutifs de l’ADN de tout combonien en général et à ma spiritualité en particulier. Il s’agit du cœur comme Amour-Passion et de la croix comme Amour-Cause. Pour Comboni le cœur et la croix sont inséparables.
En ce qui concerne le cœur comme Amour-Passion pour les ultimes, le chapitre général de 2009 dit clairement qu’ « en tant que Comboniens, nous découvrons dans le mystère du cœur du Bon Pasteur, la raison qui nous anime pour une donation totale et qui nous pousse vers les plus pauvres et les plus abandonnés » (n˚20). Je comprends que c’est de Comboni que j’hérite ce mystère. C’est en contemplant sa vie missionnaire et son mariage au cœur du Bon Pasteur que je peux comprendre la signification concrète et particulière de ce cœur du Bon Pasteur. Le rôle de Saint Daniel Combon dans ma spiritualité se comprend donc par cœur comme Amour-Passion que nous reflètent. Mon expérience de partage avec des amis et de certaines familles surtout lors de mes expériences apostoliques pendant les grandes vacances et surtout les weekends  apostoliques, m’a aidé à comprendre que la mission est à vivre dans cette dynamique des noces où l’époux crucifié et Bon Pasteur ouvre avec passion et amour son cœur pour y consacrer son épouse bien-aimée, la foule immense des souffrants de tout genre. Car la mission de Jésus me  presse et me met en route pour des Noces entre Dieu et son peuple. Ceci me pousse à comprendre aussi que la croix est un amour cause comme les souffrants de ce monde. Comboni a une forte expérience avec la croix, et il ne cesse de dire dans ses écrits et lettres que : « la voie que Dieu m’a tracée est la croix(…) Je suis heureux avec la croix : portée de bon cœur pour l’amour de Dieu, elle engendre le triomphe et la vie éternelle », Les Ecrits de Comboni (n˚6519). Cette expérience de Comboni est pour moi l’unique source et force de ma cause commune avec les innombrables souffrances de notre monde et surtout de ma mission aujourd’hui.




En bref, je pourrais dire avec l’apôtre Paul que le langage du cœur et de la croix est toujours « folie » (1cor1,18). En adhérant à cette foi, que Comboni a concrétisée à son temps, que je pourrais recevoir la mission de Dieu comme don gratuit, celle qui prépare les noces du crucifié avec l’humanité. Voilà, mon rêve en faisant le parallélisme avec mon expérience personnelle avec mon fondateur.  Devenir Combonien, c’est prendre sur soi ce dessin et cette image de Comboni comme signe d’appartenance au Christ et à l’Institut. 

Mon rêve missionnaire

INTRODUCTION

Si c’est une grâce de faire l’expérience de Dieu, comme le disait en substance Sainte Thérèse d’Avila, il est aussi important de savoir en rendre compte. C’est sur cette brève présentation et au terme de notre cours de la spiritualité missionnaire que nous voulons présenter le rêve qui nous habite  une fois envoyer en mission. L’expérience missionnaire du Père HALLAIRE Jacques, un des missionnaires fondateurs de l’Eglise en pays Sar au Tchad, nous a servi de modèle.     Le Père HALLAIRE Jacques a reçu une double grâce selon le modèle de Sainte Thérèse d’Avila : « celle de vivre l’expérience missionnaire exceptionnelle, et savoir en rendre compte », comme se présenté en tête de notre présentation. Il s’agit vraiment des actes des premiers apôtres du Tchad qui méritaient bien être retenus dans la mémoire des communautés chrétiennes Sar aujourd’hui et demain, mais aussi à l’Eglise universelle, cinquante ans après l’arrivée des premiers pères Jésuites missionnaires au Tchad.

En effet, l’expérience du Père HALLAIRE Jacques constitue surtout un témoignage à la parole de Dieu qui a été semée, qui a germé et grandi pour donner des fruits en abondance.
En outre, ce cheminement spirituel et apostolique du Père HALLAIRE Jacques qui se caractérise surtout par un très grand respect de l’homme, de sa langue et de sa culture, nous a inspiré par rapport à la manière missionnaire que nous voulons être. Nous sommes appelés en terre de mission à comprendre l’importance capitale de pays de l’initiation, en voyant se mobiliser toute la communauté villageoise à recevoir le Christ comme Sauveur. Cela n’exclut pas d’entrer en dialogue avec les autorités traditionnelles pour trouver la voie d’une double fidélité, à savoir : la foi chrétienne et la tradition de ce peuple.
Il est toujours important de faire la traduction des textes de l’Ecriture et de la liturgie en langue de ce peuple pour savoir comment organiser la catéchèse, et comment expliquer à ce peuple la prise en charge matérielle de leur jeune église et aussi comment leur apprendre le développement et l’amélioration de l’agriculture de leur région.
Quand on arrive à s’installer, il faut tout faire pour entrer dans la mentalité de ce peuple, c'est-à-dire accepter d’être reçu par ce peuple, selon le conseil de Jésus dans l’Evangile : « mangeant ce qu’on lui présentait, restant dans le logement qu’on lui donnait ». Apprendre la langue de ce peuple, afin de rejoindre le monde des adultes et ne plus cantonner l’évangélisation au monde des enfants. L’expérience rude et joueuse à la fois, de se dépouiller de ses propres schèmes de pensée habituels, de ses évidences culturelles, pour rentrer dans une autre vision du monde, dans le sens où d’avoir une nouvelle façon de penser. Voilà ce qui constitue le socle de notre vision missionnaire.
Par ailleurs, il est aussi important de porter une grande attention aux anciens des villages qui sont des héritiers des traditions ancestrales pour que la conversion de ce peuple à évangéliser soit une garantie la plus sûre de l’adhésion de ce peuple au Christ.
Il faut être un homme de prière, afin de communiquer un goût de Dieu aux catéchumènes et aux baptisés qu’on va guider pour les initier à une relation personnelle au Christ et par Lui à Dieu le Père.

Nous venons de présenter l’image d’un missionnaire qui est pour nous un modèle d’un rêve missionnaire. Cette manière de vivre la vie missionnaire du révérend Père HALLAIRE Jacques nous a plus inspiré à vivre nous aussi la vie missionnaire dans un pays qui accueille l’évangile du Christ d’un cœur joyeux.

C’est à la manière du Christ, comme un Bon Pasteur qui connait ses brebis et celles-ci le connaissent, a fait que le Père HALLAIRE Jacques puisse réussir sa mission. C’est sur cette optique que notre rêve missionnaire un jour se réalisera.

mardi 18 mars 2014

Nouvelle naissance en Esprit Saint


L'appel à la Nouvelle Naissance (Jn 3,1-21)
____

Jésus n'apporte pas un petit surplus : il appelle à un renouveau radical
____


Plan :

I - Nicodème se positionne devant Dieu
     - Médiocrité comme Eglise
     - Médiocrité dans la vie consacrée
II - Jésus invite à une vie tout autre
III - Le salut dans la Foi en un Dieu crucifié
IV - Sommés de choisir, "les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière"

I - Nicodème se positionne devant Dieu

            Nicodème a un sentiment de médiocrité : il veut passer à l'excellence. Il croit que Jésus est "un maître qui vient de la part de Dieu", à cause des signes qu'il opère.

            Médiocrité d'une religion faite de prières, de sacrifices d'animaux, de préceptes et d'interdits, de pratiques vestimentaires, et alimentaires ; une religion qui pratique l'exclusion.

            On a parfois reproché à notre Eglise d'être une Eglise de piété, de célébrations liturgiques, de relations hiérarchiques, mais trop peu une Eglise de l'option préférentielle pour les Pauvres, une Eglise de promotion sociale et de promotion de la justice. C'est parfois vrai, parfois exagéré.

            Dans l'oraison, rejoignant Nicodème, qui s'inquiète de la pauvre qualité de sa vie de fidèle de Yahvé, interrogeons-nous sur notre éventuelle médiocrité

*  Médiocrité comme Eglise : L'exhortation synodale invite à vivre l'Evangile, de manière particulièrement fervente là où règne l'injustice :

"Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume de Dieu est à eux" (Mt 5,9-10), dit le Seigneur (EA 105)

"L'Eglise doit continuer à jouer son rôle prophétique et à être la voix des sans-voix" (EA 106)

" Mais pour réaliser cela de manière efficace, l'Eglise, en tant que communauté de foi, doit être un témoin énergique de justice et de paix dans ses structures et dans les relations entre ses membres. Le Message du Synode déclare avec courage : "Les Eglise d'Afrique ont aussi reconnu qu'en leur propre sein la justice n'est pas toujours respectée à l'égard de ceux et celles qui sont à leur service. Si l'Eglise doit témoigner de la justice, elle reconnaît que quiconque ose parler aux hommes de justice doit aussi s'efforcer d'être juste à leurs yeux. Il faut donc examiner avec soin les procédures, les biens et le style de vie de l'Eglise" (EA 106).

* Médiocrité de la vie religieuse

            La vie consacrée instituée, comme toute institution, a rapidement tendance, si elle n'y fait pas attention, à vivre de son passé. C'est le sens de l'"Aggiornamento" demandé à toutes les Congrégations par le Concile Vatican II, il y a un peu plus de 50 ans. Notre société change de plus en plus vite. La vie religieuse comme réponse aux besoins de notre temps doit aussi accélérer son effort pour adapter ses réponses

            Aujourd'hui,
            * Formes de prières,  notre prière et celle des sectes. S.Dominique et le chapelet nous donnera peut-être des idées.
            * La principale raison d'être de la vie consacrée est le témoignage prophétique, rendu dans le monde, aux valeurs évangéliques, particulièrement par la pratique des conseils évangéliques. Rappelons-nous Mgr Danneels au Synode V.C. :

"Nous, les évêques, nous devons dire aux consacrés que nous les admirons et que nous les aimons. Mais aussi qu'ils ne sont pas assez radicaux dans leur pauvreté, leur chasteté, et leur obéissance, qu'ils doivent donner une image plus conforme à leur engagement et au langage qu'ils utilisent. Il faut que nous osions dire aussi les déceptions que de temps à autre le peuple de Dieu éprouve à leur égard".

            C’est une réflexion qu’on peut sans doute faire à toute époque. Une question qu’il faut toujours nous poser, c’est : “Quel message de Jésus apportons-nous ? quelle image de Jésus présentons-nous, comme personnes et comme communauté ?
           
            Mgr Kasanda (Luiza), Carême 1999, dans son excellente lettre aux religieux de son diocèse, rappelait la “Spécificité de la vie religieuse” :

“Ce qui est spécifique à la vie religieuse, c’est l’obligation librement consentie d’observer les 3 vœux de religion, de virginité, pauvreté et obéissance et de mener la vie commune (canons 573, §2 et 607, §2). Le premier témoignage des religieux et religieuses n’est pas le travail qu’ils fournissent ni les réalisations matérielles dont ils sont capables. Il ne réside pas non plus dans la force du nombre des membres. Le premier témoignage est leur vie commune comme vie totalement donnée à Dieu “aimé par dessus tout” (canon 573, §1) et aux frères et sœurs comme “témoins de l’amour de Dieu” (VC. n° 25-72). Ce faisant, ils deviennent des signes d’un monde nouveau où se manifestent l’absolu de Dieu et la fraternité universelle (LG 44, PC.1) qui sont les signes spécifiques du Royaume e Dieu.  Ce Royaume, selon Jésus, est le monde qui règne l’unique loi, celle de l’amour de Dieu et des frères et sœurs, un amour qui pousse les appelés à être totalement pauvres d’eux-mêmes (Heureux les pauvres !) pour se donner entièrement à Dieu et aux autres. Etre témoins du Royaume de Dieu c’est se mettre à sa vraie place face à Dieu et créer des relations d’un nouvel ordre avec ses frères et sœurs, relations de fraternité, de vérité et de respect mutuel. (Père Evêque Kasanda, 2.2, §3).

            C’est l’idéal, le but, mais ...
                       
II - Jésus invite à une vie tout autre

            "En vérité, je te le dis, à moins de naître d'en haut, nul ne peut voir le Royaume de Dieu"
            "En vérité je te le dis, nul, s'il ne naît d'eau et d'Esprit, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu".

            La naissance, c'est l'entrée dans le monde, le commencement de l'affrontement de notre monde. Une nouvelle naissance, c'est une nouvelle évaluation de notre monde, un autre affrontement de notre monde. C'est le partage désormais de la manière de Jésus d'évaluer et d'affronter notre monde.

            L'ancienne manière :
            > en un premier temps (anarchie égoïste) : le monde, les autres, pour en profiter
            > en un second temps : le monde, les autres, pour rendre gloire à Dieu, et la Loi pour régler selon Dieu les rapports entre hommes. Et l'exclusion de ceux qui ne respectent pas assez la loi.
            Donc, certaines vertus, certaines pratiques, et l'exclusion.

            > La nouvelle évaluation, le nouvel affrontement, celui de Jésus :
            - Jésus montrera l'exemple de l'humilité et du service
            - il accueillera avec bonté les pécheurs en tous genres
            - il veut libérer des condamnations mutuelles
            - il donne comme premier commandement l'amour, l'amour du prochain étant la forme privilégiée de l'amour de Dieu. L'amour c'est le don de sa vie pour ceux qu'on aime, un don qui se vit dans toutes les formes du service.
            - l'idéal de justice, forme institutionnalisable de l'amour,
est complété par l'idéal de charité : aimer avec Dieu, comme il aime, gratuitement.

            A la fin du Mémorandum de 1990 au Président, les Evêques de la Conférence Episcopale du Zaïre disaient :

"Les maux dont souffre notre pays s'expliquent, certes, par des structures et des systèmes inadéquats qui favorisent et entretiennent l'effritement des valeurs morales, le renversement des critères de moralité et les autres maux que nous déplorons tous. Face à cette situation, nous serions tentés de croire que le seul changement des structures et des systèmes politique et économique nous redonnerait la santé morale et la prospérité matérielle. Ce changement est certes nécessaire, mais ce qui est encore beaucoup plus nécessaire, c'est la conversion et le renouvellement du cœur et de l'esprit des fils et filles du Zaïre, car c'est du cœur et de l'esprit des hommes et des femmes que sortent les désirs et aspirations qui inspirent les systèmes politiques et économiques.

"L'environnement social et moral dans lequel nous vivons nous a tous, en quelque sorte, contaminés. Aussi, le renouvellement du Zaïre et les changements nécessaires exigent-ils que nous devenions des hommes nouveaux. C'est pourquoi dans ce contexte, il s'avère nécessaire de soutenir l'action de personnes physiques et morales, notamment les Eglises et confessions religieuses, qui s'efforcent de former les consciences et de les inciter à la poursuite des valeurs transcendantes" (Memorandum, n° 15).
           
            A Mbandaka, pendant des années, on “montait sur le bateau”.

III - Le salut dans la Foi en un Dieu crucifié (14-18) (LIRE)

            - le grand signe du renouveau, c'est la foi dans le crucifié. Accepter que Dieu m'ait aimé jusqu'à la Croix, et être prêt à partager cette croix. Pour affirmer ce qui est valeur aux yeux de Dieu, et pour ne pas renoncer à cette affirmation, Jésus a subi la Croix.

            - Non plus une religion dans laquelle on espère participer à la puissance de Dieu, à la "gloire" (temporelle) de Dieu, (costumes, titres, préséances...) mais une religion dans laquelle on donne sa vie comme Dieu le Bon Pasteur) la donne.

            - Au niveau de l'Eglise ("Eglise servante et Pauvre...)
            - Au niveau des Instituts religieux (Le Général des SJ : 3 sortes de Jésuites : Extraordinaires, médiocres, mauvais)
            - Au niveau des personnes consacrées
           
            Elles doivent donner un témoignage prophétique dans le domaine de l'avoir, du pouvoir, et de l'amour chaste. Elles doivent aussi témoigner qu'elles savent que Jésus nous sauve par la Croix, et qu'on ne peut pas le suivre en cherchant une autre voie.

"Seigneur, tu demandes à ton Eglise d'être le lieu où l'Evangile est annoncé en contradiction avec l'esprit du monde. Donne à tes enfants assez de foi pour ne pas déserter mais témoigner de toi devant les hommes en prenant appui sur Ta Parole." (Laudes du Vendredi I).

IV - Sommés de choisir : les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière (19-21)

            * Par le refus de la Loi naturelle, et donc du Créateur qui l’a inscrite dans notre cœur (violation des Droits de l'Homme), “mondialisation au profit du Capital et marginalisation des peuples pauvres”, refus d’une sexualité soumise à la raison et au respect mutuel entre hommes et femmes (L’abbé Pierre, et l’archevêque Desmond Tutu, chahutés parce qu’ils parlent d’un changement de comportement),
            Et, dans une Communauté : tribalisme, marginalisation de certaines personnes,

            * Par le refus du pardon. Et dans une communauté des personnes qui ne se parlent pas.

            * Par un ordre économique injuste, une ignorance délibérée de la "Dignité humaine", et un refus de la "Doctrine sociale de l'Eglise". Et dans telle communauté des salaires de travailleurs, pour nourrir toute une famille, inférieurs à ce qu’on dépense pour une seule personne de la Communauté.

            * Par l'abus du pouvoir par beaucoup de ceux qui en ont.

            C'est ici que se trouvent les critères d'évaluation de Jésus: "Ce que vous faites à l'un de ces petits, qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait" : voilà la "lumière". Voila la référence première, qu'on ne peut pas gommer : trouver Dieu dans ses frères et sœurs. Aimer et servir Dieu en servant les hommes. C'est cela la lumière. Et les "ténèbres", c'est tout ce qui est de l'ordre du "moi d'abord" et du "chacun pour soi".


Idées principales

1. Nicodème reconnaît la médiocrité de son judaïsme, et peut-être la sienne. Acceptons de reconnaitre la médiocrité là où nous la voyons, dans notre Eglise, dans la vie chrétienne et/ou consacrée telle que nous la vivons, dans notre vie propre.

2. Jésus invite à une vie tout autre que celle qui se vit dans les sociétés de toute époque, et en particulier dans la nôtre : une vie de service mutuel et de don mutuel, une vie d'affrontement du mal pour s'y opposer, une vie de promotion mutuelle dans l'oubli de soi.

3. Nos évêques nous invitent à trouver dans l'esprit et la pratique évangélique d'abord les remèdes aux maux de notre société.

4. Nous ne participerons pas à la guérison de noter société sans accepter la Croix avec Jésus. La Croix, c'est l'affrontement du monde hostile aux valeurs évangéliques.

5. Les hommes "préfèrent les ténèbres à la lumière" : ils préfèrent le "chacun pour soi" et le "moi d'abord" à l'esprit de service et d'oubli de soi.


Références bibliques
Jn 3,1-21 : Rencontre de Jésus avec Nicodème

Suggestion pour l'oraison
- La rencontre de Jésus avec Nicodème Jn 3,1-21
- Un des textes cités ci-dessous


Textes cités

1. L'Eglise doit donner l'exemple de ce qu'elle enseigne au nom de Jésus

"Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume de Dieu est à eux" (Mt 5,9-10), dit le Seigneur (EA 105)

"L'Eglise doit continuer à jouer son rôle prophétique et à être la voix des sans-voix" (EA 106)

" Mais pour réaliser cela de manière efficace, l'Eglise, en tant que communauté de foi, doit être un témoin énergique de justice et de paix dans ses structures et dans les relations entre ses membres. Le Message du Synode déclare avec courage : "Les Eglise d'Afrique ont aussi reconnu qu'en leur propre sein la justice n'est pas toujours respectée à l'égard de ceux et celles qui sont à leur service. Si l'Eglise doit témoigner de la justice, elle reconnaît que quiconque ose parler aux hommes de justice doit aussi s'efforcer d'être juste à leurs yeux. Il faut donc examiner avec soin les procédures, les biens et le style de vie de l'Eglise" (EA 106).

2. Jugement d'un pasteur sur les religieux

"Nous, les évêques, nous devons dire aux consacrés que nous les admirons et que nous les aimons. Mais aussi qu'ils ne sont pas assez radicaux dans leur pauvreté, leur chasteté, et leur obéissance, qu'ils doivent donner une image plus conforme à leur engagement et au langage qu'ils utilisent. Il faut que nous osions dire aussi les déceptions que de temps à autre le peuple de Dieu éprouve à leur égard".

3. Rappel aux religieux de leur raison d’être

“Ce qui est spécifique à la vie religieuse, c’est l’obligation librement consentie d’observer les 3 vœux de religion, de virginité, pauvreté et obéissance et de mener la vie commune (canons 573, §2 et 607, §2). Le premier témoignage des religieux et religieuses n’est pas le travail qu’ils fournissent ni les réalisations matérielles dont ils sont capables. Il ne réside pas non plus dans la force du nombre des membres. Le premier témoignage est leur vie commune comme vie totalement donnée à Dieu “aimé par dessus tout” (canon 573, §1) et aux frères et sœurs comme “témoins de l’amour de Dieu” (VC. n° 25-72). Ce faisant, ils deviennent des signes d’un monde nouveau où se manifestent l’absolu de Dieu et la fraternité universelle (LG 44, PC.1) qui sont les signes spécifiques du Royaume e Dieu.  Ce Royaume, selon Jésus, est le monde qui règne l’unique loi, celle de l’amour de Dieu et des frères et sœurs, un amour qui pousse les appelés à être totalement pauvres d’eux-mêmes (Heureux les pauvres !) pour se donner entièrement à Dieu et aux autres. Etre témoins du Royaume de Dieu c’est se mettre à sa vraie place face à Dieu et créer des relations d’un nouvel ordre avec ses frères et sœurs, relations de fraternité, de vérité et de respect mutuel. (Père Evêque Kasanda, 2.2, §3).


3. L'Evangile, voie de salut pour notre pays

"Les maux dont souffre notre pays s'expliquent, certes, par des structures et des systèmes inadéquats qui favorisent et entretiennent l'effritement des valeurs morales, le renversement des critères de moralité et les autres maux que nous déplorons tous. Face à cette situation, nous serions tentés de croire que le seul changement des structures et des systèmes politique et économique nous redonnerait la santé morale et la prospérité matérielle. Ce changement est certes nécessaire, mais ce qui est encore beaucoup plus nécessaire, c'est la conversion et le renouvellement du cœur et de l'esprit des fils et filles du Zaïre, car c'est du cœur et de l'esprit des hommes et des femmes que sortent les désirs et aspirations qui inspirent les systèmes politiques et économiques.

"L'environnement social et moral dans lequel nous vivons nous a tous, en quelque sorte, contaminés. Aussi, le renouvellement du Zaïre et les changements nécessaires exigent-ils que nous devenions des hommes nouveaux. C'est pourquoi dans ce contexte, il s'avère nécessaire de soutenir l'action de personnes physiques et morales, notamment les Eglises et confessions religieuses, qui s'efforcent de former les consciences et de les inciter à la poursuite des valeurs transcendantes" (Memorandum, n° 15).


4. Suivre Jésus qui affronte le monde

"Seigneur, tu demandes à ton Eglise d'être le lieu où l'Evangile est annoncé en contradiction avec l'esprit du monde. Donne à tes enfants assez de foi pour ne pas déserter mais témoigner de toi devant les hommes en prenant appui sur Ta Parole." (Laudes du Vendredi I).

Questions pour la réflexion

  1. Le message de Mgr Danneels au Synode du la Vie Consacrée (voir texte) me paraît-il me concerner ? En quoi ?

  1. Ai-je le sentiment d’être animé, inspiré par l’Esprit-Saint ? Ou alors qu’est-ce qui m’inspire et m’anime ?


  1. Est-ce que j’accepte pleinement comma maître Jésus humble, serviteur de plus petit que soi, renonçant à lui-même, ne faisant pas sa volonté mais celle du Père, donnant sa vie ?

  1. Aux yeux de mes frères religieux, des autres religieux, des laïcs qui nous voient vivre, quel est mon témoignage ? Est-il prophétique ?



samedi 1 mars 2014

Défi de la contextualisation

Le défi de la contextualisation
1. A.NGINDU Mushete, FOI et culture. L’enjeu africain, Kinshasa, Médiaspaul, 2012.
2. J.M.ELA, Repenser la théologie africaine. Le Dieu qui libère, Paris, Karthala, 2003.
3. L.SANTEDI, Dogme et inculturation en Afrique. Perspective d’une théologie de l’invention, Paris, Karthala, 2003.
4.Kä Mana, La nouvelle évangélisation en Afrique, Paris, Karthala, 2000.
5. A.RAMAZANI, Eglise famille de Dieu. Esquisse d’ecclésiologie africaine, Paris, Lharmattan, 2001.
6. E.NTAKARUTIMANA, Vers une théologie africaine. La théologie et les théologiens au Congo : Projets et défis dans la période de l’après indépendance(1960), Fribourg, Editions Universitaires de Fribourg Suisse, 2002.
7. D.MAFUTA, Double appartenance des chrétiens africains ? Inculturation et pluralité religieuse, Paris, L’Harmattan, 2010.
8. V.NTUMBA, Trois clés pour une lecture africaine du Nouveau Testament, Kinshasa, Carmel Afrique, 2009.
9. A.KABASELE, Lire la Bible dans une société en crise. Etudes d’herméneutique interculturelle, Kinshasa, Médiaspaul, 2007.
10. V.MULAGO, Un visage africain du christianisme, Paris, Présence Africaine, 1962.


Parmi ces dix théologiens, mon choix est porté sur :
 A.NGINDU Mushete, FOI et culture. L’enjeu africain, Kinshasa, Médiaspaul, 2012.
Mon champ de réflexion porte sur :
Le défi de la contextualisation
J'ai choisi cet auteur pour deux raisons : d’une part, il est très actuel et concret dans sa manière d’aborder la question. D’autre part, il répond à deux questions fondamentales et incontournables de l’homme africain : l’inculturation et la reconstruction. Etant aussi africain, je me sens confronté par ce défi (le mépris de l’homme noir). C’est une question qui demeure tant qu’il y a un noir et un blanc. Permettez que je dise : c’est un perpétuel combat. Par conséquent, le noir doit s’affirmer.
J'ai choisi de réfléchir sur ce chapitre parce qu’il me donne des pistes de solution sur mon identité entant qu’elle est niée par l’occident. Je me rends compte que la libération de l’homme africain ne dépend pas de l’occident, mais de lui-même avec son Dieu.

Le défi de la contextualisation
L’Eglise qui a toujours pensé globalement, doit désormais agir localement pour répondre aux exigences du temps présent. Par suite, le défi de la contextualisation s’inscrit justement dans cet agir local. Ceci dit, notre résumé peut s’ouvrir par une question comme celle-ci : N’est-il pas évident et urgent de fonder localement cette Eglise en lui dotant de tous ses moyens d’action sur le plan culturel, éthique, disciplinaire et théologique ?[1] Cette question, nous renvoie en effet à une nécessité de reconnaitre la théologie africaine. L’initiative de créer une église locale, est un effort d’inculturation. C’est cet effort qui sera sérieusement combattu par les non africains. D’où, nécessité de se défendre ou mieux de répondre à ce défi.

Le défi majeur est celui de nier ou de mépriser toute initiative d’inculturation de l’évangile en Afrique. C’est une façon d’illégitimer la théologie africaine. L’idée essentielle de ce chapitre est celle ci : La théologie africaine existe et doit exister. Car, toute théologie est historiquement située, sociologiquement déterminée et culturellement  définie. D’ailleurs, toute pensée n’est que culturelle parce que l’homme est un être en situation, c’est-à-dire qu’il appartient toujours à une race, à une nation, à une tribu, à une culture, à une famille, etc. Ainsi, son agir ne peut pas se passer du contexte culturel. Par suite, la thèse de la contextualisation peut être soutenue par les propos éloquents du feu Cardinal Malula qui disait : « Les missionnaires européens ont jadis christianisé l’Afrique, aujourd’hui les chrétiens africains vont africaniser le christianisme ».Il ne s’agit plus de faire des discours, très peu suivis d’effets, sur le paradigme dominant de cette seconde étape de l’évangélisation qu’est L’INCULTURATION, mais de poser des actions concrètes[2] (ajouta Joseph NDOUM). Il s’agit donc d’interpréter l’évangile à la manière africaine pour répondre aux exigences
En effet, que veut dire évangéliser ? L’auteur nous fait voir que l’évangélisation n’est pas une imposition de model, de discours, de manière de penser, de culture, etc. Mais plutôt la transmission du message tenant compte des valeurs humaines retrouvées dans une culture donnée. Notons que si le message de l’évangile n’est pas inculturé, il ne peut pas toucher le cœur de l’homme. Par conséquent, il sera difficile de parler de la conversion qui est le but même de l’évangélisation. Bien entendu, l’interprétation doit nécessairement être culturelle au risque de prêcher au désert. Ainsi donc, l’évangélisation devient une manière de rendre un peuple capable d’interpréter le message dans sa propre culture. Un message bien interprété, reste toujours susceptible d’être intériorisé et de porter des fruits concrets. Il revient donc aux peuples de se découvrir à partir du message de l’évangile.
En effet, l’auteur pense que c’est aux peuples de se construire eux-mêmes comme une société, une nation et une église. L’évangile contient justement une dimension qui est celle de rendre les peuples responsables de leur situation pour qu’ils s’en sortent. Car, il y a plus de joie de trouver soi-même la solution au problème que de la recevoir d’ailleurs. Un bon missionnaire ne peut jamais se prétendre être la solution pour les peuples. Il est par contre appelé à guider le peuple vers Dieu. Conduire le peuple vers Dieu, c’est dire à tout homme « Voici l’agneau de Dieu » (Cf Jn1, 35), et le peuple est libre d’aller vers cet agneau. La mission qui lui est confiée, est celle d’aider les peuples à prendre conscience de leur état de péché. Certes, quand l’homme se rend compte qu’il se détruit, il cesse de le faire. Le sens de l’évangélisation est de rendre l’homme responsable de sa propre vie pour l’inviter à un effort personnel de se libérer.  Car évangéliser quelqu’un, c’est le libérer de son esclavage. L’Evangile nous rend libre ; cette libération n’est pas en de hors de la culture. Ainsi, il n’y a d’inculturation que libératrice, et il n’y a de libération qu’enracinée dans une culture donnée[3].
En outre, l’essentiel est d’amener l’homme à se découvrir et à devenir soi-même pour qu’il  sente en lui, une nécessité de se libérer. Car il est difficile de sauver l’homme sans qu’il le veule. Dieu, pour nous sauver, il a pris notre condition, c’est-à-dire il s’est fait homme. Peut-on devenir homme sans être incorporé dans une culture donnée ? En effet, nul n’ignore que Dieu s’est inscrit dans l’histoire d’un peuple, même dans sa manière de penser et de vivre, pour le sauver. C’est dans ce contexte là que le message de l’évangile nous est parvenu.
Notons que l’évangile, avant d’être un message universel, il est d’abord une parole adressée directement à un peuple pour son salut. D’où, le véritable problème comme celui de salut, de développement, ne se pose que dans une perspective culturelle. Il faut donc souligner que l’interprétation culturelle d’une question fondamentale ne se négocie pas ; elle s’impose. Nous ne pouvons comprendre un message que s’il nous est adressé, c’est-à-dire s’il est transmis dans une langue que nous comprenons et dans un contexte culturel qui est le notre. Certes, si le message du Christ n’était pas contextualisé, il resterait un discours oiseux, sans être compris par qui que ce soit. Ne peut être compris et accueilli que ce qui est transmis dans un contexte culturel. En effet, J.MELA le dit mieux en ce terme : « Nous ne savons pas ce que nous croyons si nous ne le disons pas dans notre propre langage »[4]. Il s’ensuit que toute réalité humaine ne peut être exprimée que dans un langage aussi humain. C’est ainsi que le Christ s’est servi même du langage de son peuple pour lui expliquer la réalité d’en haut. Ainsi, toute parabole ne peut pas ne pas faire allusion à la réalité juive quand il faut lui transmettre le message. Disons par exemple que « le royaume des cieux est semblable à un grain de sénevé qu’un homme a pris et semé dans son champ… » (Cf Mt 13,31)[5]. Si le peuple juif n’avait pas une culture du grain de sénevé, le Christ ne l’évoquerait pas dans cette parabole ; il parlerait d’une autre chose. Nous pouvons donc dire que le Christ a posé un geste de la contextualisation.


Pour conclure, l’inculturation est une exigence de l’évangélisation. Ceci dit, on ne peut pas ne pas parler de la théologie africaine puis qu’elle s’impose de soi. Il n’ya aucune raison de dire non à l’inculturation parce que la parole de Dieu est toujours et déjà située dans un contexte. En outre, le principe d’incarnation correspond même à ce geste d’inculturation. Dieu s’est contextualisé dans une situation bien déterminée en vue de sauver le genre humain. Etant Dieu, il pouvait sauver l’homme autrement qu’être inscrit dans une culture. Mais il ne l’a pas fait ; peut être pour montrer l’importance de se situer dans un contexte. Vue cela, disons donc que l’inculturation est importante comme une étape de l’évangélisation.  






[1] Cf A.NGINDU.Mushete, FOI et culture. L’enjeu africain, Kinshasa, Médiaspaul, 2012. P 7.
[2] J.NDOUM, L’INCULTURATION A TOUT PRIX ? Essai sur le christianisme post-missionnaire en Afrique noire, Limena (Italie), Imprimenda, 2005. P 5.
[3] Cf J.M.ELA, identité propre d’une théologie africaine, in C.GEFFRE (éd.), théologie et choc des cultures. Colloque de l’institut Catholique de Paris, Paris, p23-54. Cité par A.NGINDU, FOI et culture. L’enjeu africain, Kinshasa, Médiaspaul, 2012. P 8.
[4] Op.cit. p 10.
[5] Notons que c’est une version de la Bible de Jérusalem.

vendredi 21 février 2014

Qu est l'Esprit Saint?

QUI EST L’ESPRIT SAINT ?

I.                  La présence et l’œuvre de l’Esprit Saint dans l’Ancien Testament

ü  Gen. 1, 1-2 : L’Esprit, le souffle de Yahvé, le «Ruah» est ici présenté dans son action créatrice et fécondatrice. C’est Lui qui donne la vie à tous les êtres.
«Je crois en l’Esprit Saint. Qui est Seigneur et qui donne la vie» (Credo).
ü  Gen. 2, 7 : «Yahvé insuffla dans ses narines une haleine (Ruah) de vie et l’homme devient un être vivant».
ü  Ps. 104, 30 : «Tu envoies ton souffle, ils sont créés,  Tu renouvelles la face de la terre».
ü  Ex. 35, 30 – 36, 1 : «L’Esprit de savoir-faire» les travaux pratiques.   
ü  Ez. 36, 25-29 : «Je vous donnerai un cœur nouveau, Je mettrai en vous en Esprit nouveau…». L’Esprit Saint provoque une transformation du cœur humain.
ü  Ez. 37, 1-14 : La vision des ossements desséchés. L’Esprit donne la vie à ses ossements desséchés. L’Esprit, quand on l’invoque, peut transformer les situations plus difficiles.
ü  Ez. 47, 1-12 : L’Esprit est ici présenté comme un fleuve d’eau vive qui sort du temple du seuil de l’autel. Il y a des poissons de toutes espèces, qui sont les dons de l’Esprit.
Les personnes y sont présentées comme des arbres plantés au bord du fleuve.

ü  Joël 3, 1-5 : «Je répandrai  mon Esprit sur toute chaire. Vos fils et vos filles prophétiseront.
Même sur les esclaves, hommes et femmes, Je répandrai mon Esprit».
ü  Is. 11, 1-2 : «Esprit de sagesse et d’intelligence ; Esprit de conseil et de force ;  Esprit de connaissance et de crainte de Yahvé»

II.               La présence de l’Esprit Saint dans le Nouveau Testament

1.     Marie et l’Esprit Saint

1)      Marie modèle de Femme ouverte à l’action de l’Esprit : Lc. 1, 26-38

-         Marie est une femme d’écoute. Elle connait les Écritures qui parlent d’une Vierge qui enfantera le Messie (Is. 7, 14), dans son humilité, elle ne croit pas d’être elle-même cette vierge
-          Marie accueille la Parole de Dieu. Marie est une femme de dialogue. Elle parle avec Dieu pour s’éclaircir.Elle se laisse posséder par l’Esprit.
-          L’Esprit Saint engendre en Elle le Fils de Dieu. Marie est une femme de foi. 
-          Marie donne son consentement inconditionnel à Dieu : Voici la Servante du Seigneur.

Exemple pour nous :
Ä  Se laisser féconder par l’Esprit, qui veut reproduire en nous l’Image du Christ :
Ø  Rm 8, 29 : «Prédestinés à reproduire l’image de son Fils»
Ø  2 Cor 3, 16-18 : «Nous sommes transformés en l’image du Seigneur».
Ä  Jusqu’à assumer la nature divine : 2 P 1,4.


2)      L’icône de la visite de Marie à Elisabeth : Lc. 1, 39-45

Ø  Marie porte le Christ en elle : elle est le premier tabernacle vivant du monde.
Ø  Marie va pleine de l’Esprit Saint à la rencontre d’Elisabeth pour le transmettre. 
Ø  Il lui suffit un mot de salutation, «Shalom»,  pour transformer une outre femme, en la remplissant de l’Esprit et en faisant d’elle une prophétesse. 
Ø La présence invisible du Christ en elle fait réjouir un enfant encore caché dans le sein maternel. C’est la réalisation de la prophétie (Lc. 1,15). Cet Esprit fait chanter et prophétiser Zacharie (Lc. 1,67).  C’est encore le même Esprit qui donne à Siméon et à Anne de reconnaître le Messie dans le petit Jésus (Lc. 2, 25-38).
Exemple pour nous :Marie était un tabernacle vivant, qui portait le Christ partout où elle allait. Nous aussi, nous sommes appelés à être des tabernacles vivants du Christ pour le rendre présent partout où nous sommes.

3)      Marie, femme de prière
ü  Elle ne se gonfle pas d’orgueil pour être choisit comme mère de Dieu, mais elle sait glorifier et rendre grâce à Dieu pour les merveilles qu’Il a faites en elle : Lc 1, 46-56.
ü  Elle sait intercéder auprès du Fils pour nos nécessités : Jn 2, 1-11
ü  Elle était présente au milieu des Apôtres quand «ils étaient assidus à la prière», pour invoquer l’Esprit Saint : (Act 1, 12-14)
4)      C’est par Marie que le Christ est entré dans le monde et que, par l’Esprit Saint, nos a adopté comme enfants de Dieu (Ga 4,4-7).
5)      Au pied de la Croix, Marie nous a été donnée comme mère : Jn 19, 26-27

2.     Jésus et l’Esprit Saint
1.      Le baptême de Jésus :
Þ            Lc 3, 21-22 : «Or il advint, une fois que tout le peuple eut été baptisé et au moment où Jésus, baptisé lui aussi, se trouvait en prière, que le ciel s'ouvrit, et l'Esprit Saint descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. Et une voix partit du ciel: "Tu es mon fils; moi, aujourd'hui, je t'ai engendré."
Þ            Mt 3,16 : «Les cieux s'ouvrirent: il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui.Et voici qu'une voix venue des cieux disait: "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur».
Þ            Jn 1, 33 : «Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et demeurer, c'est lui qui baptise dans l'Esprit Saint.Et moi, j'ai vu et je témoigne que celui-ci est l'Elu de Dieu».

2.      Les tentations au désert :
Ä    Mt 4,1-11 : L’Esprit Saint «souffle» et énergie créatrice de Dieu, qui dirigeaient les prophètes, va diriger lui-même Jésus dans l’accomplissement de sa mission : «Alors Jésus fut emmené au désert par l'Esprit, pour être tenté par le diable.»
Ä    Lc 4, 1-13 : «Jésus, rempli d'Esprit Saint, revint du Jourdain et il était mené par l'Esprit à travers le désert durant 40 jours, tenté par le diable.

3.      Retour de Jésus en Galilée :
Ø Lc 4,14-15 : Jésus retourna en Galilée, avec la puissance de l'Esprit, et une rumeur se répandit par toute la région à son sujet. 15 Il enseignait dans leurs synagogues, glorifié par tous.
Ø Lc 4, 16 – 30 : «Jésus dans la synagogue de Nazareth. «L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur».
Ø  A partir de ce jour-là, toutes les actions de Jésus sont guidées par l’Esprit : cf. Lc 4, 31-44

4.      Les relations de Jésus avec les disciples :

Ø  Le discernement dans l’Esprit, pour le choix des douze apôtres : Lc 6, 12-16
Ø  Mc 3, 13-19. Pour être avec lui et pour les envoyer à annoncer la Bonne Nouvelle
Ø  Lc 10, 12-22 : «Les 72 revinrent tout joyeux, disant: "Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom!" Il leur dit: "Je voyais Satan tomber du ciel comme l'éclair! Voici que je vous ai donné le pouvoir de fouler aux pieds […] toute la puissance de l'Ennemi…»

3.     Le don de l’Esprit Saint

1)      L’Esprit Saint est le «DOM» du Père à l’humanité afin de nous adopter comme fils et filles de   son amour et pour nous renouveler continuellement à l’image du Christ.
2)      Le Père concède ce don à qui le Lui demande : Lc 11, 13.

3)      Jésus promet l’Esprit de vie :
®    Jn 4, 13-14 "Quiconque boit de cette eau aura soif à nouveau; mais qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif; l'eau que je lui donnerai deviendra en lui source d'eau jaillissanten vie éternelle."
®    Jn 7, 37-39 : «Le dernier jour de la fête, le grand jour, Jésus, debout, s'écria: "Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive, celui qui croit en moi! "Selon le mot de l'Ecriture: De sonsein couleront desfleuves d'eau vive. Il parlait de l'Esprit que devaient recevoir ceux qui avaient cru en lui; car il n'y avait pas encore d'Esprit, parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié.»

4)      C’est par le Fils que le Père nous envoie Son Esprit :

Ø  Jn 14, 15-17 : Le Paraclet = le Défenseur : Si vous m'aimez, vous garderez mes commandements; et je prierai le Père et il vous donnera un autre Paraclet, pour qu'il soit avec vous à jamais, l'Esprit de Vérité, […] vous le connaissez, parce qu'il demeure auprès de vous.
Ø  Jn 14, 25-27 : «Le Paraclet, l'Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit.
Ø  Jn 15, 26 : «Lorsque viendra le Paraclet, que je vous enverrai d'auprès du Père, l'Esprit de vérité, qui vient du Père, il me rendra témoignage. Mais vous aussi, vous témoignerez parce que vous êtes avec moi depuis le commencement.»
Ø  Jn 16, 5-6 : «C'est votre intérêt que Je parte; car si Je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas vers vous; mais si Je pars, Je vous l'enverrai.»
Ø  Jn 16, 13-15 : «Mais quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous introduira dans la vérité tout entière…»
5)     L’Esprit Saint est le premier dom que Jésus concède à ses disciples après la résurrection, pour la  rémission des péchés : Jn 20, 21-23 : «Il souffla sur eux et leur dit: "Recevez l'Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus."

6)      Nous avons reçu L’Esprit Saint le jour de notre baptême :
Jn 3, 5-8 : "En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'eau et d'Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l'Esprit est esprit. Ne t'étonne pas, si je t'ai dit: Il vous faut naître d'en haut. Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va».Ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit."



LE SAINT-ESPRIT ET LA VIE DANS L’EGLISE

1.      Lavie nouvelle dans l’Esprit :
Ø  Rom. 5, 5: L’Esprit est une force intérieur : «Et l'espérance ne déçoit point, parce que l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint Esprit qui nous fut donné
Ø  Le Baptême suppose la foi. «Un seul Seigneur, une seul foi, un seul Baptême» (Ef.4, 5)
Ø  Rom. 6,4 : «Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle».
Ø  1 Cor. 12, 13-14 : «Aussi bien est-ce en un seul Esprit que nous tous avons été baptisés en un seul corps, Juifs ou Grecs, esclaves ou hommes libres, et tous nous avons été abreuvés d'un seul Esprit.
Ø  Rom. 8, 1-13 : «… L'Esprit de Dieu habite en vous. Qui n'a pas l'Esprit du Christ ne lui appartient pas. Et si l'Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, Celui qui a ressuscité le Christ Jésus d'entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous.

2.      Par l’Esprit, nous pouvons appeler Dieu «Abba», Père :
Ä  Rom. 8, 14-17 : «Tous ceux qu'anime l'Esprit de Dieu sont fils de Dieu. Aussi bien n'avez-vous pas reçu un esprit d'esclaves pour retomber dans la crainte; vous avez reçu un esprit de fils adoptifs qui nous fait nous écrier: Abba! Père! L'Esprit en personne se joint à notre esprit pour attester que nous sommes enfants de Dieu. Enfants, et héritiers; héritiers de Dieu, et cohéritiers du Christ»
Ä  Gal. 4, 4…7 : «Quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d'une femme, né sujet de la loi,… afin de nous conférer l'adoption filiale.Et la preuve que vous êtes des fils, c'est que Dieu a envoyé dans nos cœurs l'Esprit de son Fils qui crie: Abba, Père! Aussi n'es-tu plus esclave mais fils; fils, et donc héritier de par Dieu.»

3.      La diversité des charismes dans l’unité de l’Esprit
1 Cor. 12, 1…11 : […] «Il y a, certes, diversité de dons spirituels, mais c'est le même Esprit; diversité de ministères, mais c'est le même Seigneur; diversité d'opérations, mais c'est le même Dieu qui opère tout en tous. A chacun la manifestation de l'Esprit est donnée en vuedu bien commun… Mais tout cela, c'est l'unique et même Esprit qui l'opère, distribuant ses dons à chacun en particulier comme il l'entend»

4.      La  diversité des charismes dans l’unité du corps :
1 Cor. 12, 12-30 : «Or vous êtes, vous, le corps du Christ, et membres chacun pour sa part. Et ceux que Dieu a établis dans l'Eglise sont premièrement les apôtres, deuxièmement les prophètes, troisièmement les docteurs... Puis il y a les miracles, puis les dons de guérisons, d'assistance, de gouvernement, les diversités de langues.»
Ef. 4, 1- 16 : «appliquez-vous à conserver l'unité de l'Esprit par ce lien qu'est la paix. Il n'y a qu'un Corps et qu'un Esprit, comme il n'y a qu'une espérance au terme de l'appel que vous avez reçu; un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême; un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, par tous et en tous.»
Rom. 12, 5-8 : «A plusieurs, nous ne formons qu'un seul corps dans le Christ, étant, chacun pour sa part, membres les uns des autres.

II – L’exercice des dons de l’Esprit

1 – Mt. 25, 14-30: Le Royaume des Cieux "C'est comme un homme qui, partant en voyage, appela ses serviteurs et leur remit sa fortune.  A l'un il donna cinq talents, deux à un autre, un seul à un troisième, à chacun selon ses capacités, et puis il partit.
2 – Lc. 19, 11-27: Le Royaume des Cieux c‘est comme "Un homme de haute naissance se rendit dans un pays lointain pour recevoir la dignité royale et revenir ensuite. Appelant dix de ses serviteurs, il leur remit dix mines et leur dit: Faites-les valoir jusqu'à ce que je vienne.

3 - Rm 12, 4-8: «Pourvus de dons différents selon la grâce qui nous a été donnée, si c'est le don de prophétie, exerçons-le en proportion de notre foi ; si c'est le service, en servant; l'enseignement, en enseignant; l'exhortation, en exhortant. Que celui qui donne le fasse sans calcul; celui qui préside, avec diligence; celui qui exerce la miséricorde, en rayonnant de joie.»

4 - «Il y a, certes, diversité de dons spirituels, mais c'est le même Esprit;  diversité de ministères, mais c'est le même Seigneur; diversité d'opérations, mais c'est le même Dieu qui opère tout en tous. A chacun la manifestation de l'Esprit est donnée en vue du bien commun.[…] C'est l'unique et même Esprit qui l'opère, distribuant ses dons à chacun en particulier comme il l'entend»(1 Cor 12, 4-11). 


5 – Ep 4, 1-16: «Je vous exhorte donc, moi le prisonnier dans le Seigneur, à mener une vie digne de l'appel que vous avez reçu… en vue de la construction du Corps du Christ.